Vous avez déjà essayé de parler « pédagogies alternatives » lors d’un repas de famille ?...

(Je vous vois, vous, oui, vous ! Vous et votre petit rictus, qui me prouvent que vous saisissez le genre de micmac que cette simple évocation peut provoquer ?!)

 

On est d’accord… c’est l’un de ces sujets qui déclenche les passions, de ceux notamment qui pensent que ces méthodes sont le moyen le plus sûr de fabriquer des enfants-rois.

Et pourtant ces pédagogies sont nées dans des contextes de crises graves comme l’après-guerre, pour tenter de léguer un monde meilleur aux générations futures. Et pour fonctionner, elles nécessitent de poser et de faire respecter des règles bien strictes.

Il y a les pédagogies qu’on ne présente plus, comme celle de Maria Montessori, première femme médecin d’Europe au 19ème siècle, philosophe et anthropologue aussi, scientifique passionnée et déterminée à construire un monde plus humaniste grâce à une nouvelle pédagogie qui révolutionna l’univers de l’éducation.

 

L'éveil bébé inspiré de Maria Montessori

 

Et il y a celles moins connues en France, comme la philosophie de Reggio Emilia, du nom de cette ville du Nord de l’Italie où en 1960, mères et maire décidèrent de créer crèche (dès 6 mois) et maternelle (dès 3 ans) mixtes, publiques et accessibles à tous les niveaux sociaux en piochant dans le nec plus ultra des pédagogies actives de l’époque pour créer la leur.

 

L'éveil bébé façon Reggio Emilia

 

Mon but n’est pas là de vous présenter ces approches en toute exhaustivité (vous pouvez approcher la pédagogie Maria Montessori au fil des mots de la directrice de l’association internationale Maria Montessori par ou vous plonger dans son application-terrain réévaluée à la lumière des neurosciences par Céline Alvarez et en savoir plus sur Reggio Emilia par ici), mais de vous initier aux ressorts que je leurs ai emprunté pour imaginer les expériences et effets signés Pereski. C’est parti ?

 

Ces deux pédagogies se sont attelées à scruter attentivement l’enfant pour mieux cerner ses besoins. Toutes les deux convergent vers un seul et unique but : élever (dans tous les sens du terme) des petit êtres épanouis. Comment ? Grâce notamment à ces cinq lois, confrontées et confirmées par les neurosciences et que j’ai distillées dans mes images :

 

1 – Plonger dans un environnement cocon et stimulant 🏡

 

Parce que l’environnement est clé et qu’il peut être un véritable éducateur. S’il est varié, ordonné, digne d’intérêt, mais jamais trop chargé, ni trop compliqué, il inspire le petit, cultive son goût de la découverte et de l’apprentissage et lui offre les conditions pour s’exprimer et expérimenter.

 

2 – Accompagner (vs. diriger) son développement

 

Parce que c’est l’adulte – parent, grand-parent, éducateur au contact de l’enfant, … – qui crée cet environnement de qualité. Mais aussi parce que le bébé a besoin de notre regard, de notre présence dans la relation, pour se sentir soutenu dans son expérience du monde. Ces jeunes pousses nous regardent et nos attitudes préparent les leurs, nos attentions bienveillantes nourrissent le meilleur en eux et servent de piliers à la construction de leur intelligence.

 

Maria Montessori disait que « l’enfant est une source que l’on laisse jaillir, pas un vase que l’on remplit ». La seule chose dont ces petits êtres en construction aient besoin, c’est de grands aimants et complices de leurs conquêtes, capables de se mettre à leur rythme et de les laisser faire par eux-mêmes, même si leur geste n’est pas (encore) tout à fait parfait. D’ailleurs, « toute aide inutile est une entrave à son développement » insistait Maria Montessori.

 

Notre responsabilité de Grands est donc bien de questionner plutôt que d’imposer, de soutenir plutôt que d’interdire, d’encourager plutôt que de diriger pour favoriser leurs épanouissements cognitif et affectif et leur plein potentiel.

 

Eveil et jeux pour bébé par Pereski
📸 Lisa Sorgini

 

3 – Nourrir son « esprit absorbant » 👀

 

Encore un terme signé de la pédagogue-médecin et par lequel elle désignait cette capacité propre au petit d’homme de littéralement éponger tout ce qui l’entoure pour s’adapter à son temps et à son monde. Cette aptitude est amplifiée par ce que Maria Montessori appelait les « périodes sensibles », des tranches de vie – plus ou moins longues – et particulièrement propices à certaines acquisitions comme l’attention, l’ordre, le mouvement, la sensorialité ou le langage. Une fois une période sensible dépassée, l’apprentissage auquel elle prédisposait nécessite un effort plus important à l’enfant.

 

L’une des périodes sensibles les plus longues est celle du langage, qui commence à la naissance et s’étale jusqu’aux 6 ans environ. On sait grâce à Maria Montessori, que le bébé n’apprend pas sa langue maternelle, il s’en imprègne instinctivement, depuis le giron de sa mère et au contact d’adultes qui prennent du temps et du plaisir à lui parler normalement. Et à ce sujet, sachez que les petits raffolent tout particulièrement de deux catégories de mots :

+ Les mots contés ou chantés, car ils sont inscrits dans un contexte et dits avec le cœur…

+ Les mots savants et élaborés de plusieurs syllabes, car ils sont stimulants !

 

Loris Malaguzzi, le maire de Reggio Emilia, était persuadé que l’enfant naît confiant et capable de saisir le monde grâce à ses « 100 langages ». Des ressources connectées les unes aux autres qui dépassent le verbal pour aller se fondre dans les langages artistique, symbolique, cognitif et imaginaire.

 

Les neurosciences confirment toutes ces intuitions pédagogiques et vont mêmes un cran plus loin en prouvant que les bébés de 0 à 2 ans sont des génies aux potentiels inouïs dont jamais plus ils ne disposeront !

 

Activités bébé dès la naissance signée Pereski
📸 d.e.u.z.i. photographie

 

4 – Mettre au contact du monde réel 🌳

 

Parce que l’enfant n’apprends qu’avec le cœur, lorsqu’il en a envie et qu’il n’y a rien de plus fascinant pour lui que la réalité. Concrètement, un bébé n’aspire qu’à une chose : vivre avec nous, par l’intermédiaire d’interactions qui passent par le regard, la voix et le corps. Pas besoin donc d’inventer des pédagogies nouvelles, novatrices ou alternatives ! D’ailleurs, tout ce qu’un enfant accomplit jusqu’à ses 6 ans, il le fait pour lui, uniquement, pour se construire à titre individuel. La sociabilité n’intervient qu’après, sur des bases sensorielles, affectives et psychomotrices solidement posées.

 

A Reggio Emilia, le petit se développe au contact de la nature et de sa région pour pouvoir se vivre comme Terrien et se construire comme Citoyen. Et pour l’aider dans cette construction, Maria Montessori conseillait de lui raconter la vie en adoptant une approche en entonnoir, en livrant d’abord l’immensément grand (l’univers > les planètes de notre système solaire > la Terre > le Vivant > les animaux et les végétaux > les humains > …) pour terminer par l’infiniment petit.  

 

5 – Cultiver son sens inné de l’esthétique 🌈

 

Un bébé sait spontanément reconnaître ce qui est beau, propre et harmonieux. Il va d’ailleurs sans hésiter vers ce genre d’objets. C’est la raison principale pour laquelle Maria Montessori collaborait avec des designers de talent pour élaborer son matériel de développement : fournir de quoi attirer les enfants !   

 

Le jeu d'éveil pour bébé Montessori inventé par Pereski

 

A Reggio Emilia, les artistes étaient associés au projet de la ville. Ils partageaient leurs techniques artistiques pour aider les enseignants à développer des schémas de pensée différents. Les projets créatifs servent de support à l’expression de l’imagination. Le jeu stimule les émotions, l’intellect et les fonctions cognitives.

 

Bref, tout un programme pour nos Petits, mais qui commence d’abord par nous - les Grands - et notre capacité à incarner ce que nous tenons tant à leur transmettre. Pas évident dans le tourbillon de nos vies, mais ces jeunes humains en construction ont les yeux rivés sur nous, alors soyons d’abord ces modèles que nous voulons tant qu’ils deviennent ! Chiche ?

Curieusement vôtre,

Maria 


Laissez un commentaire